UNIVERSITE
Jean Celeyrette (Université Lille III)
L’infini médiéval : entre abstraction et imagination
Le Moyen Âge a hérité d’Aristote la problématique de l’infini, et cette problématique est essentiellement « physique ». Des raisonnements mathématiques peuvent toutefois être mis en oeuvre, puisque pour Aristote les mathématiques sont définies par le fait qu’elles étudient les choses en tant qu’elles sont des quantités, (on parle d’abstraction mathématique). Chez les médiévaux, pas plus que chez Aristote, la problématique de l’infini n’est a priori purement mathématique : le cadre est soit "physique ", soit théologique. Mais dans certains textes il arrive que les considérations mathématiques s’émancipent du contexte dans lequel elles avaient été introduites, permettant un affinement de la conception. On en donnera quelques exemples et on montrera l’importance des arguments faisant intervenir la puissance divine, arguments qui ne résultent pas vraiment de vérités théologiques mais de règles qui déterminent une physique imaginaire (ou selon imagination). Les réflexions sur l’infini peuvent alors se développer en sortant largement du cadre aristotélicien.
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